"Ouais... oh, non" ou Le syndrome d'osef

1 avr. 2015

On est en avril. La dernière fois que j'ai posté c'était en janvier. Cela me paraît être un contexte idéal pour vous parler du syndrome d'osef, qu'au moins une personne avait demandé lors du vote.

Longtemps je me suis dirigée vers ce blog de bonne heure. Pour commencer à taper trois machins puis me dire "... oh non" et repartir, laissant un énième brouillon. J'ai le syndrome d'osef. C'est un auto-syndrome car je vous rassure, très souvent je parcours des tas de blogs et forums où les gens racontent leur vie : le dernier bouquin qu'ils ont lu, leur film préféré, le fait qu'ils ont mangé un caramel... et moi je trouve ça très bien et lis avec entrain.

 Je ne vois aucun problème. Nulle part. Même quand un auteur de fanfic comble avec la vie molle de son personnage qui lance une lessive, rêvasse à la fenêtre ou mange une pomme, je crois que je ne verrais pas le problème (à moins que ça prenne vraiment les 3/4 du récit).


"José préférait les Prince aux BN. Après avoir lancé une lessive, il mangea 3 Prince."


MAIS, si je me dirige vers ce blog et que je commence à vous parler de tel truc auquel je pensais, ou de "tel machin qui..." alors là, je commence à avoir des sueurs froides, à me dire "Mais merde, on s'en fout" et j'arrête tout. Il faut en général une bonne excuse pour poster : que le sujet soit d'un intérêt au moins pour quelqu'un, ou à la rigueur qu'il soit rigolo, là je me dis "ça va, tu as le droit de poster Poupinette". Sinon je suis prise d'un gros accès de recul, je suis comme éjectée de ce que j'écrivais et je me dis : "Raconte pas ça, osef".

 Alors, ai-je été traumatisée à l'époque de Wow ? Car c'était un classique à l'époque, des gens racontaient leur vie sur les canaux de papotage, à des gens racontant eux-même leur vie, ce qui était logique (je veux dire, en général c'est le seul truc dont on peut parler, notre vie [au sens large], et la vie des autres), jusqu'à ce qu'un quidam condamne le tout d'un gros "Non mais osef ta life.

Comment ça, ma vie sur Wow n'est pas passionnante ?

Souvent après ça, il y avait un long silence : les gens cherchaient sans doute un truc à dire qui ne les concernerait pas... Mais tout, que ça soit le fait de demander où on peut trouver de la soie d'araignée ou si quelqu'un est dispo pour un donj', concerne  la personne qui parle. Et absolument tout peut mener à un "osef", c'était donc la quête impossible. Alors, quand quelqu'un postait un "osef", je répondais généralement : "Non moi je m'en fous pas. Continue DarklordBidule" (ou des fois, un vicieux "Osef de ton osef. Continue ArwaenerysBidule").

Et ce, même pas par mauvaise foi : ce que racontait bidule, je le lisais de bon coeur. Je ne dirai pas que c'était tout le temps passionnant mais bon, quand ça ne m'intéressait vraiment pas, bah je quittais le canal. Autrement, le petit bavardage quotidien, souvent peuplé de blagounettes, entretenait cette ambiance "On est sur un mmo".

Bon. Pour autant, je ne crois pas que mon syndrome vient de là. Peut-être n'est-il qu'une variation d'un truc plus large. Quelque chose qui aurait peut-être à voir avec le fait que je suis constamment sous sécrétion d'auto-dérision concentrée. Comme quand je vous racontais que lire une histoire avec des trucs comme dans Le Seigneur des Anneaux et des persos comme Aragorn, pas de souci, mais écrire le même genre d'enjeux ou personnages, y'a pas moyen, je me sens éjectée de mon propre récit. Trop d'auto-dérision et de sarcasme se faufile dans ma tête, et je suis là "Nan mais tu vas pas mettre ça...".
Je ne m'en plains pas, ça me permet d'écrire des histoires où certes, c'est pas épique et ça se passe pas comme d'hab, mais où je ne me sens pas anormalement distanciée et où, au final, je m'amuse bien.

En tout cas, dans les deux situations on a à faire au un phénomène "Je ferais bien ça... mais non en fait". Je n'ai pas encore d'explication certaine. Mais maintenant vous savez pourquoi j'ai du mal à maintenir ce blog en vie. Mais après tout, osef hein ^_^